Des nouveaux marchés

Ouvrez les wagons et découvrez ce qu’ils transportent.

Des denrées agricoles, du bétail, des matériaux, des objets de la vie courante, des colis postaux : on transporte de tout, en hiver comme en été !
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La circulation des marchandises à la gare de Rivière-du-Loup

Des nouveaux marchés

Réception

Semences

Les semences et les plants d’arbres ou d’arbustes ornementaux s’expédient par train dès l’arrivée du printemps et les grands froids passés.

Le réseau du chemin de fer facilite l’envoi et la réception des marchandises sur de grandes distances, vers les milieux ruraux et les villes éloignées.

Avant l’arrivée des catalogues illustrés, les annonces des marchands sont publiées dans les journaux. Semences de blé d’hiver, de carotte blanche de Belgique, de betteraves à vache, choisissez votre variété et commandez ! Les commerçants et les agriculteurs adressent leur demande par service postal. Les marchands des villages prennent les grosses commandes pour leurs clients et s’occupent ensuite de leur redistribuer. Les livraisons arriveront ensuite par chemin de fer. Il ne reste plus qu’à cueillir la commande au bureau de poste ou à la gare.

Au Village-des-Aulnaies, la pépinière d’Auguste Dupuis offre un service de livraison depuis son ouverture en 1868. Ses plants d’arbres fruitiers, ses arbustes d’ornement et ses plantes vivaces sont distribués par vapeur et chemin de fer dans toutes les provinces canadiennes et vers les États-Unis.

Facade d'un commerce

Source : Musée du Bas-Saint-Laurent, Fonds Stanislas Belle, 1907, b10941.

Annonce de semences dans le Bulletin politique

Source : SHGRDL, Bulletin politique, Annonce Dubé et fils, 21 mars 1899, p. 1, 5e colonne.

Annonce d'Auguste Dupuis

Source : Annonce d'Auguste Dupuis située à l'endos du livre de l'abbé Léon Provancher, Le verger, le potager et le parterre, 1874.

Chaussures Rioux

Le commerce de détail se transforme peu à peu grâce au chemin de fer. Il vivra ensuite une vraie révolution au tournant du 20e siècle.

Le transport par rail est concurrentiel et donne accès à un vaste réseau de distribution. Les marchés extérieurs sont accessibles à longueur d'année et les produits offerts voyagent souvent pendant plusieurs jours avant d’atteindre leur destination. Les marchands ne se gênent pas pour vanter les mérites et l’originalité de leurs marchandises fabriquées aux États-Unis ou ailleurs.

La boutique de chaussures de M. Théophile Rioux ouvre ses portes en 1887. Comme plusieurs commerçants, il profite de l’achalandage de la ville en pleine croissance. Sa boutique a pignon sur rue sur le chemin du Lac Témiscouata (rue Lafontaine) qui mène à la gare.

La boutique Chaussures Rioux vend encore aujourd’hui ses chaussures sur la rue Lafontaine.

Théophile Rioux devant sa boutique sur la rue Lafontaine

Source : Musée du Bas-Saint-Laurent, Fonds Joseph-Adélard Boucher, Théophile Rioux, Rivière-du-Loup, jab0054.

Boutique de chaussures de M. Théophile Rioux

Source : Musée du Bas-Saint-Laurent, Fonds Joseph-Adélard Boucher, jab0058.

Vitrine de la boutique Rioux, 1939

Source : Musée du Bas-Saint-Laurent, Fonds Ulric Lavoie, Boutique Rioux, 1939, l18800.

Annonce de la boutique de Théophile Rioux

Source : Annonce T. Rioux, Union Meeting Canadian Divisions, Brotherhood of Locomotive Engineers, 4 juillet 1905, Rivière-du-Loup, Collection Richard Michaud.

Colis postaux

À partir de la fin du 19e siècle, les produits manufacturés entrent dans les foyers des régions à une vitesse folle. Avec leurs catalogues de vente, disponibles au Canada à partir des années 1880, les grands magasins Eaton, Simpson et La Baie d’Hudson se lancent à la conquête des campagnes et offrent des produits de toutes sortes. Objets de la vie domestique, poêles, meubles, vêtements, jouets, conserves, tout se commande et tout s’entasse dans les wagons !

Comme toutes les jeunes filles de son âge, Mimmy Pratte attend impatiemment l’arrivée du catalogue Eaton de la saison automne-hiver. Les images des belles tenues et des beaux chapeaux font rêver les petites autant que les grandes !

La vente par catalogue augmente au début du 20e siècle. À partir des années 1910, Eaton y vend même des plans de maison. Dans l’Ouest canadien, une fois le plan choisi, la compagnie peut même vous expédier par train les matériaux pour la construire !

Chaque année, la section jouet des catalogues regorge de locomotives à vapeur et de wagons. C’est la grande vedette qui fait rêver tous les enfants à l’approche de Noël.

Mimy Pratte vêtue d'un manteau d'hiver

Source : Musée du Bas-Saint-Laurent, Fonds Stanislas Belle, Mimmy Pratte, b03892.

Page couverture du catalogue Eaton, automne-hiver 1901

Source : Page couverture du catalogue Eaton, automne-hiver 1901, p. 3, Collection privée.

Objets domestiques du catalogue Eaton en 1901

Source : Objets domestiques, Catalogue Eaton, automne-hiver 1901, p. 187, Collection privée.

Capes pour femmes, catalogue Eaton

Source : Capes pour femmes, Catalogue Eaton, automne-hiver1901, p. 13, Collection privée.

Train jouet, 1880-1900

Source : ©Musée McCord, Train jouet, 1880-1900, M975.55.3.1.


Wagon jouet en fer, 1880-1900

Source : ©Musée McCord, Wagon jouet en fer, 1880-1900, M975.55.3.1-3.

Trains en jouet du catalogue Eaton en 1928

Source : Catalogue Eaton 1928, Train jouet, Collection privée.

Napoléon Dion, ferblantier à Fraserville

Source : Page couverture du catalogue Simpson, 1931, Collection privée.

Blé de l’Ouest

Des wagons entiers acheminent la production de blé de l’Ouest canadien vers les ports atlantiques. Dans la seconde moitié du 19e siècle, l’Ontario exporte déjà du blé dans les pays européens. À l’époque de l’Intercolonial, le blé est chargé dans des wagons qui passent obligatoirement par Fraserville avant d’atteindre les ports des Maritimes. À Halifax, les marchandises se rendent directement sur les quais ferroviaires.

Quai ferroviaire, Halifax, Nouvelle-Écosse

Source : ©Musée McCord, Quai ferroviaire, Halifax, Nouvelle-Écosse, M.P.0000.25.64.

Dans le sens inverse, des chargements de sucre des Antilles, de poissons salés et autres denrées alimentaires sont acheminés vers les provinces de l’Ouest. Près de « 2 000 tonnes de fret » partent d’Halifax tous les jours, peut-on lire dans les journaux de l’époque.

Au début du 20e siècle, un élévateur à grains est aménagé à Rivière-du-Loup en bordure des voies du chemin de fer, près de l'entrepôt à charbon et de la réserve de glace. Situé le long de la rue Magloire, l’élévateur appartenant à la compagnie Lawrence Flour Mills Limited permettait d’accéder directement aux wagons des trains.

Emplacement de l'élévateur à grain

Source : Bibliothèque et Archives Canada, Extrait d'un plan d'assurance de la ville de Rivière-du-Loup, 1954, Underwriters' Survey Bureau, Toronto Montreal, G1144, R58, G475, U5.

Poêles

Napoléon Dion (1849-1919) est né à Trois-Pistoles. Fils de ferblantier, il fait ses études à Rimouski et s’installe à Fraserville vers 1885. Marchand et ferblantier, il vend des poêles à bois ou à charbon et divers objets de ferblanterie domestique. Ses poêles arrivent par train de partout au pays et des États-Unis. Le formidable élan de construction domiciliaire que vit la ville à partir des années 1870 profite aux commerçants qui fournissent à la population les objets de la vie courante. L’approvisionnement de la Côte-Nord, qui dépend encore du commerce fluvial, est également un marché intéressant pour les commerçants de Rivière-du-Loup. Les marchandises arrivent par train et traversent ensuite le fleuve par vapeur ou goélette.

Membre du conseil municipal de Fraserville, puis député libéral du Témiscouata, Napoléon Dion s’implique dans le développement de la ville et de sa région.

Napoléon Dion, marchand-ferblantier

Source : Musée du Bas-Saint-Laurent, Fonds Stanislas Belle, 1912, b15329c.

Annonce de Napoléon Dion

« Poeles de cuisine, salon, passage, bureau, magasin.»
« Ces effets ont été achetés des meilleures maisons du Canada et des Etats-Unis »
Source : SHGRDL, L'Écho de Fraserville, 31 mai 1884, 4e colonne.

Intérieur d'un magasin général

Source : Musée du Bas-Saint-Laurent, Fonds Belle-Lavoie, Intérieur d'un commerce, bl0931.

Charbon

Le charbon du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, est exporté vers les villes de l’ouest par le chemin de fer Intercolonial, dès l’ouverture de celui-ci en 1876 et jusqu’au début du 20e siècle.

La ville de Rivière-du-Loup, comme la plupart des centres urbains à l'époque, tient des réserves de charbon pour l’alimentation des locomotives et l’usage de ses citoyens. Le charbon des locomotives est entassé au sud des équipements de la gare, tout près des ateliers. Celui qui est destiné aux particuliers est accessible par la rue Magloire. Le poste de livraison est situé en bordure d'un talus et la chute à charbon permet de déverser le combustible à livrer aux clients. À l’époque, le charbon constitue une alternative intéressante au bois pour le chauffage et la cuisson dans les milieux urbains.

Extrait du journal Le Courrier de Fraserville

« Pour ce qui regarde l'Intercolonial à l'heure présente, l'exportation du charbon sur cette voie ferrée est énorme et tout particulièrement cette année »
Source : SHGRDL, Le Courrier de Fraserville, Le commerce par l'Intercolonial, 15 février 1888, p. 2, 5e colonne.

Emplacement du dépôt à charbon

Source : Bibliothèque et Archives Canada, Plan d'assurance de la ville de Rivière-du-Loup, 1954, Underwriters' Survey Bureau, Toronto Montreal, G1144, R58, G475, U5.

Des nouveaux marchés

Expédition

Bois

En 1889, l’ouverture du chemin de fer du Témiscouata donne accès à un vaste bassin forestier. Du bouleau jaune au sapin, en passant par l’épinette, le pin, le cèdre et le mélèze, la ressource abonde.

Les marchands et les entrepreneurs transforment le bois coupé et le revendent sous diverses formes : dormants de chemin de fer pour les compagnies ferroviaires, bardeaux de cèdre pour les toitures et les murs des maisons, poteaux de téléphone, etc. Les matériaux en bois composent une grande partie des expéditions de la région vers l'Ouest et les États-Unis. Au début du 20e siècle, le bois à pâte prendra de plus en plus de place dans les exportations.

Hangar et cour à bois de M. G.A. Binet

Source : Musée du Bas-Saint-Laurent, Fonds Stanislas Belle, Hangar et cour à bois de M. G.A. Binet à Rivière-du-Loup, 1900, b04502.

Annonces de marchands de bois

Source: Annonces de marchands de bois, Union Meeting Canadian Divisions, Brotherhood of Locomotive Engineers, 4, 5 et 6 juillet 1905, Rivière-du-Loup, Collection Richard Michaud.

Bois équarri

Au tournant du 20e siècle, le bois équarri de la compagnie Fraser est chargé à Cabano sur les wagons du chemin de fer du Témiscouata.

Ces trains de bois passent par Rivière-du-Loup et sont redirigés vers le quai de la Pointe par un embranchement construit en 1885. Ils traversent la rivière du Loup sur la voie de l’Intercolonial puis empruntent une voie de près de sept kilomètres qui mène au quai. Chargé sur des barges, le bois est embarqué au large sur des navires transatlantiques et entame ensuite une longue traversée vers l’Angleterre.

Vapeur Carolina au quai de Rivière-du-Loup

Source : Musée du Bas-Saint-Laurent, Fonds Paul-Émile Martin, Vapeur Carolina au quai de Rivière-du-Loup, 1903, m07083.


Extrait du journal Bulletin politique

« Plusieurs chars de bois marchand sont arrivés à la Pointe par l'embranchement de l'Intercolonial. Ce bois est la propriété de MM. Fraser de Cabano qui font chantier au Lac Témiscouata. »

Source : SHGRDL, Bulletin politique, Notes locales, 11 mai 1900, p. 1, 1ère colonne.

Donald Fraser, Cabano

Source : Musée du Bas-Saint-Laurent, Fonds Stanislas Belle, Donald Fraser, Cabano, 1900, b04386.

Bois près du moulin à scie Fraser

Source : Musée du Bas-Saint-Laurent, Fonds Aline Cloutier, Bois cordé près du moulin à scie Fraser, 1920, c179.

Chargement du bois au train

Source : Archives du Fort Ingall, Chargement du bois au train, compagnie Fraser, Fonds Fraser, C-2. No 83.

Beurre

Le bétail et les produits agricoles locaux, comme le beurre et le sirop d’érable, sont expédiés par chemin de fer vers les marchés de Québec.

Le beurre est l’un des produits agricoles les plus réputés de la région. Au 19e siècle, le beurre fermier de Rivière-du-Loup et de l’Isle-Verte se retrouve sur les marchés des villes. Les marchands le recueillent chez les agriculteurs de la région et l'expédient par goélette.

Avec l’arrivée du chemin de fer en 1860, les agriculteurs disposent d’un nouveau moyen pour commercialiser leur production. Mais l’adaptation ne se fait pas toujours sans difficultés ! Certains cultivateurs se plaignent des conditions de transport par train.

À l’époque, le beurre est produit à la ferme. Confiée aux femmes, cette tâche nécessite l’utilisation de barattes pour faire tourner la crème. Salé et moulé en livres, en demi-livres ou en onces, le beurre fermier est très recherché sur les marchés des villes.

Avec l’ouverture de beurreries et de fromageries, la production du Bas-Saint-Laurent augmente rapidement à partir des années 1890. L’introduction des premiers wagons frigorifiques n’est pas étrangère à cette hausse de production. Un peu d’isolation sur les murs des wagons et une trappe sur leur toit pour y mettre la glace, et voilà que le beurre peut voyager plus longtemps.

Troupeau de vaches

Source : Musée du Bas-Saint-Laurent, Fonds Marie-Alice Dumont, Troupeau de vaches, d7462.

Extrait du journal Le Canadien

« Vous m'obligeriez en publiant ce qui suit sur la manière dont les employés du Grand Tronc administrent les choses sur la ligne de la Rivière-du-Loup. C'est vraiment dégoutant de voir l'extrême malpropreté qui règne dans les chars de seconde classe ainsi que dans les chars à fret. Les cultivateurs ont souvent à mettre leur lard, leur beurre, dans des chars qui ont transporté des animaux vivants et que l'on n'a pas eu le soin de nettoyer pour recevoir les produits qui sont pour être en vente au marché. »
Source : Journal Le Canadien, 5 novembre 1866, p. 2, 6e colonne.

Beurrerie de Saint-Modeste, 1916

Source : Musée du Bas-Saint-Laurent, Fonds Ulric Lavoie, Beurrerie Saint-Modeste, 1916, l01775.

Baratte à beurre

Source : Michel Lessard, Objets anciens du Québec. La vie domestique. Montréal, Éditions de l'Homme, 1994, p. 135.

Pommes de terre

À partir de la fin du 19e siècle, la pomme de terre est l’une des vedettes de la production agricole bas-laurentienne. En provenance des comtés de Matane, de Rimouski et de L’Isle-Verte, les trois quarts des tubercules produits dans ces régions sont expédiés par wagons vers les marchés de Montréal.

La production des pommes de terre se maintient encore au début du 20e siècle. En 1925, Montréal reçoit près de 6 000 wagons de pommes de terre provenant du Bas-Saint-Laurent et des Maritimes. Celles-ci sont destinées aux marchés montréalais et américain.

Comme les patates craignent le gel, des cheminots racontent qu’ils devaient parfois installer des poêles de fortune dans les wagons pour éviter de faire geler leur précieuse cargaison ! Une aventure plutôt hasardeuse selon nos informateurs.

Récolte de patates, 1925

Source : Musée du Bas-Saint-Laurent, Fonds Marie-Alice Dumont, Récolte de patates, 1925, d6881.

Machinerie agricole

À la fin du 19e siècle, plusieurs entreprises de la région produisent de la machinerie agricole. Essentielles à la modernisation de l’agriculture, les batteuses à grains, les arrache-patates, les semoirs des fonderies Bertrand de L’Isle-Verte ou Desjardins de Saint-André et les wagons de ferme des Normand de Saint-Pascal, sont chargés sur des wagons plates-formes et livrés à la grandeur de la province.

Machinerie agricole sur l'Intercolonial, 1907

Source : Musée du Bas-Saint-Laurent, Fonds Pelletier-Landry, Machinerie agricole sur l'Intercolonial, 1907, pl102.